C’est officiel, la musique rend plus intelligent

On savait que la musique adoucit les mœurs, la science nous apprend maintenant qu’elle est bénéfique pour le développement du cerveau.

On connaissait ses effets bénéfiques sur la santé, la douleur et bien sûr les mœurs, mais la science nous apprend que faire de la musique et même simplement en écouter améliore le fonctionnement du cerveau. Dès l’Antiquité, Platon l’affirmait : “La musique donne une âme à nos cœurs, des ailes à la pensée, un essor à l’imagination.” Aujourd’hui, Emmanuel Bigand, directeur du Laboratoire d’étude de l’apprentissage et du développement (LEAD, CNRS) à l’université de Bourgogne et coordinateur de l’ouvrage Les Bienfaits de la musique sur le cerveau, le confirme : “Nous sommes convaincus en tant que scientifiques que l’activité musicale est au cœur de la sphère cognitive.”

Ces bienfaits touchent tous les âges de la vie, des bébés aux adultes jusqu’aux seniors, puisque, nous apprend Le Monde, “même lorsque les capacités cognitives sont altérées, la musique ­parvient à réveiller la mémoire et les émotions”. Elle peut sortir des patients du coma et permettre de sortir de l’aphasie des malades atteints d’Alzheimer.

Les bébés chantent déjà

Ces effets commencent dès avant la naissance, puisque des bébés qui ont entendu des musiques in utero peuvent les reconnaître un an après la naissance. Emmanuel Bigand, qui coordonne une étude financée par la Fondation de France, en collaboration avec la Philharmonie de Paris, l’explique : “Les bébés ne parlent pas encore, mais ils chantent déjà.” “La musique met en place des schémas mentaux (macro-stimulus) qui permettent une meilleure appréhension du langage, de la lecture, et plus tard des facilités au cours préparatoire, on parle d’effets socio-cognitifs », poursuit-il.

Isabelle Peretz, auteure du livre Apprendre la musique (Odile Jacob, 160 p., 14,90 €) a fondé au Canada le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (Brams). Elle affirme l’importance de la pratique musicale qu’elle voudrait voir plus présente dans les écoles. “L’apprentissage de la musique sculpte le cerveau par différents mécanismes physiologiques, en termes de densité de neurones et de connexion entre eux, via les axones.”

La musique modifie les processus biochimiques du cerveau en renforçant la plasticité cérébrale et un plus grand nombre de synapses. Selon Daniele Schon, directeur de recherche à l’Institut de neurosciences des systèmes (Inserm). ”La musique serait aussi capable d’optimiser la synchronisation entre populations neuronales, c’est-à-dire l’aspect rythmique de l’activité cérébrale, et permettre ainsi une meilleure communication et anticipation du flux d’information.”

Au Canada, les travaux de Glenn Schellenberg, professeur de psychologie à l’université de Toronto, montrent que la pratique de la musique par de jeunes enfants permettrait de développer plus ­rapidement leur quotient intellectuel (QI). Elle aurait également un effet sur le tendance à la coopération : “Des bébés de 18 mois qui pratiquent la musique vont être plus enclins à aider leurs parents (à ramasser un objet par exemple) et ont une meilleure motricité.”

[Source : Les Inrocks]