La MAO à Gennevilliers…

Si vous avez raté l’article paru dans GenMag, voici la transcription, qui vous épargne le gros barbu en photo…

Le conservatoire Edgar-Varèse propose, depuis septembre dernier, des cours de Musique assistée par ordinateur. Cet outil de production en son numérique permet de créer sa musique de A à z et rend sa pratique encore plus accessible, qu’elle soit amateur ou professionnelle.

Cette salle d’enseignement du conservatoire de musique et de danse Edgar-Varèse a quelque chose d’insolite. Ici, pas d’instruments visibles et aucune note ne s’échappe de la pièce, même lorsque les cours y battent leur plein. Le long des murs, deux consoles portent quatre postes d’ordinateurs équipés d’un casque audio chacun, d’une interface son et d’un clavier Midi relié à l’entité mère. Pourtant, on apprend bel et bien la musique dans ce lieu, mais en recourant à 100 % à l’informatique. Bienvenue dans l’espace réservé à la Musique assistée par ordinateur, plus connu sous l’acronyme MAO.

Avant l’avènement de celle-ci, création, enregistrement, mixage audio, mastering, tout se faisait sur des consoles couvertes de manettes et de boutons. Depuis, grâce à cet outil polyvalent et pragmatique, on peut créer sa musique à partir d’un support numérique. Enregistrer, éditer, mixer, diffuser n’a jamais été aussi accessible !

Dans le domaine artistique, la French touch n’existerait pas sans l’essor de la MAO. Demandez aux Daft Punk et aux rappeurs ce qu’ils en pensent… Aujourd’hui, tous les styles musicaux sont à portée de son clavier, via l’usage de logiciels spécialisés aux noms étranges : Cubase, Pro Tools, Ableton Live, Logic Pro X. Tout seul dans sa chambre ou à plu- sieurs chez un copain, on peut donc commencer à faire sa propre musique pour quelques centaines d’euros.

 

OUVRIR À DE NOUVEAUX UNIVERS

La MAO intervient dans tous les champs de la musique actuelle, contemporaine ou classique, en répondant à un très large spectre d’utilisations, du novice au professionnel. « C’est un outil supplémentaire de la chaîne de création musicale, qui passe également par la formation pédagogique au solfège ou aux instruments », explique Daniel Desmoulins, professeur de MAO.

Il a pris son poste en septembre dernier lorsque le conservatoire a ajouté cette corde à l’arc de ses pratiques musicales. Cette démarche innovante répond à la volonté d’ouvrir de nouveaux univers, en phase avec les technologies les plus récentes et les attentes du public, tout en favorisant l’accès à la musique par une autre voie d’enseignement que le « classique ».

Les quatre cours hebdomadaires de 2 heures sont accessibles à partir de 14 ans – le doyen en a 35 – et accueillent autant de filles que de garçons. Les ateliers sont ouverts aux élèves du cursus conservatoire, mais pas uniquement. « Nous organisons des sessions de trois mois pour l’association ISAJ et, en partenariat avec le service culture-jeunesse de la Ville, nous accueillons une heure par semaine, toute l’année, des jeunes de l’espace Nelson-Mandela », explique Nathalie Robert, directrice adjointe du conservatoire. Dans le cadre du projet «Tama Black » que mène le Tamanoir sur les musiques afro-américaines et les musiques africaines, celui-ci sollicite les ateliers MAO. Le 23 mars, le conservatoire Edgar-Varèse organisera ses portes ouvertes. L’occasion d’aller à la rencontre de cette musique tellement actuelle.

• Frédéric Lombard