Les erreurs de la prise de son…

Je vous relaie un article d’Audioblog, qui me paraît bien juste, sur les erreurs de la prise de son… Que du bon, que du vrai…

 

Voici une liste non exhaustive des erreurs à éviter quand on commence la prise de son.

1 – Croire qu’on peut enregistrer n’importe où 
À part si c’est une intention esthétique, il est recommandé de ne pas choisir un lieu avec une trop forte résonance, ou bien un environnement trop bruyant, notamment pour enregistrer la voix d’une personne que l’on veut interroger. Un micro, à la différence d’une caméra ou d’un appareil photo, ne permet pas de recadrer ou de zoomer un son en particulier, de manière à l’isoler de l’univers sonore dans lequel il se trouve. Et il n’existe aucun logiciel de son qui permette d’enlever après coup une réverbération ou des bruits parasites.

  • Astuce : si la seule pièce où l’on peut enregistrer est équipée d’un frigo qui ronronne, on peut demander à le débrancher le temps de l’interview. Sans oublier, bien sûr de le rebrancher en partant. Même chose pour la climatisation. Et si vous êtes contraint d’enregistrer dans un lieu bruyant (bar, voiture, square…) pensez à enregistrer au moins 5 minutes de l’ambiance sonore du lieu, cela pourra être précieux pour les raccords au moment du montage.

2 – Choisir un format d’enregistrement trop compressé
Pour avoir des enregistrements en qualité optimale, mieux vaut choisir de les faire en format WAV, moins compressé que le format MP3. Vous aurez tout loisir, une fois votre montage réalisé, de le convertir en MP3, pour une diffusion en podcast notamment. Pour la fréquence d’échantillonnage, nous vous conseillons la combinaison 48khz/24bits.

  • Astuce : si vous souhaitez étirer certains sons au moment du montage (effet de pitching ou de ralenti) vous pouvez pousser jusqu’à un échantillonnage de 96khz, qui permettra d’avoir moins l’effet de mini-coupures au milieu de votre son modifié.

3 – Positionner son micro trop loin de son interlocuteur
Dans le cadre d’une interview, beaucoup de débutants ont tendance à poser le micro sur une table, un peu loin de la personne qu’ils enregistrent. Il en résulte souvent une voix trop lointaine et peu agréable à écouter sur la durée. On recommande de placer le micro à une distance d’un poing par rapport à la bouche de la personne interrogée.
Cette proximité du micro par rapport à la bouche a l’avantage de mettre la voix en gros plan, en gommant un peu les éventuels bruits parasites qui sont au second plan. L’inconvénient, c’est qu’en étant aussi proche de la bouche, la membrane du micro risque d’être perturbée par l’entrée d’air très brusque et soudaine que produisent certaines consonnes : le [p] et le [f] notamment. Afin d’éviter ces problèmes de “Pop”, il est conseillé d’équiper son micro d’une bonnette et/ou d’un anti-pop. On peut également placer le micro un peu en dessous de l’axe de la bouche, et légèrement incliné vers le haut.

4 – Prendre du son sans casque 
Seul le casque permet de se rendre compte du rendu sonore de ce qu’on est en train d’enregistrer. Préférer des casques dits “fermés” qui isolent l’oreille des bruits extérieurs. Certains m’objecteront que Yann Paranthoën, le Dieu des preneurs de son, faisait ses enregistrements sans casque. Certes mais je rétorquerais qu’une telle pratique n’était possible qu’en raison d’un haut degré de maîtrise technique.

5 – Confondre niveau du casque et niveau d’enregistrement
Souvent le débutant confond niveau du casque et niveau d’enregistrement. S’il a mis son casque au volume maximum il peut avoir l’impression que le niveau est correct alors que ce n’est pas le cas. Le seul repère valable, c’est la mesure du signal audio indiquée par les lignes mouvantes du vu-mètre situé sur l’écran de l’enregistreur.

6 – Sous moduler ou saturer un enregistrement
La sous modulation, c’est quand le réglage de la sensibilité du micro est trop bas par rapport au volume du phénomène sonore qu’on enregistre.
La saturation c’est quand la sensibilité du micro est réglée trop haut pour pouvoir encaisser la puissance du son enregistré. Il en résulte une déformation du son enregistré, ce qui le rend difficilement utilisable pour un montage. On recommande de garder la modulation du signal audio entre -24db (pour les sons plus faibles) et -12 db (pour les sons les plus forts) ce qui permettra de ne pas être pris au dépourvu en cas de phénomène sonore puissant et imprévu, du type claquement de porte, voix qui monte soudain en volume, ou klaxon de voiture.

7 – Oublier de déclencher l’enregistrement
Bon là pas besoin de développer, hein. Mais sachez que cette erreur est assez courante, notamment sur les enregistreurs de type Zoom où l’enregistrement ne se déclenche vraiment qu’après deux pressions sur le bouton Record.

8 – Arrêter l’enregistrement trop tôt 
Quand on débute on a tendance à couper l’enregistrement dès qu’on a capté le son voulu. Il faut s’habituer à laisser tourner l’enregistreur pendant au moins 5 vraies secondes à la fin de chaque prise, ce qui permet de ne pas tronquer la résonance du son ou de la voix enregistrés, et facilitera grandement le montage.

9 – Faire des bruits de manipulation du micro
Les mouvements de doigt sur le micro ou sur l’enregistreur (quand on utilise des enregistreurs avec micro intégré) s’entendent à l’enregistrement et peuvent rendre le son inutilisable. Il faut donc bouger les doigts au minimum, ou bien, c’est plus pratique, utiliser une suspension avec poignée.
Attention aussi aux fils du micro ou du casque qui peuvent venir cogner l’enregistreur et perturber la prise.

  • Recommandation : ne laissez jamais la personne que vous interrogez s’emparer du micro. C’est un réflexe assez courant chez les gens qu’on interviewe, et si on laisse faire, c’est la garantie que la voix sera parasitée par de nombreux bruits de manipulation.

10 – Faire du bruit avec ses vêtements
Tout bon.ne preneur.e de son doit bannir les doudounes synthétiques, les K-Way, les bracelets cliquetants, ou les chaussures à talon trop bruyantes.

11 – Sortir sans bonnette anti-vent 
Pour les tournages en extérieur, le micro doit être équipé d’une bonnette anti-vent, surtout s’il s’agit de micro électrostatiques, plus sensibles aux déplacements d’air que les micros dynamiques.

12 – Laisser son Smartphone allumé
Les téléphones portables quand ils sont allumés (même en mode silencieux) peuvent créer des petits parasites dans l’enregistrement.

13 – Écouter les sons enregistrés directement sur son enregistreur et commencer à les supprimer 
Ne supprimez jamais de sons depuis votre enregistreur, sous peine d’effacer, sans le faire exprès, des sons importants. On a déjà vu des néophytes supprimer une interview entière en adoptant cette dangereuse méthode.

14 – Oublier de dupliquer ses sons
Après chaque enregistrement, il est nécessaire de ne pas trop tarder à dupliquer sur un ordinateur ou un disque dur, les sons contenus sur la carte mémoire de votre enregistreur. Certains maniaques de la sauvegarde n’hésitent pas à exécuter cette sauvegarde sur deux supports différents (un ordinateur + un Disque Dur).

15 – Partir sans piles ou batterie de secours
Ce conseil vaut notamment pour les débutants qui partent en voyage dans des contrées lointaines, ou qui s’apprêtent à mener un entretien au long cours. C’est rageant de voir son enregistreur faire le coup de la panne au moment précis où résonne enfin le cri du gibbon cendré que vous guettiez depuis des heures au fond d’une jungle hostile.
Préférez les piles rechargeables : d’une part c’est plus écologique, et d’autre part, même si l’investissement de départ est plus élevé que pour des piles classiques, c’est plus rentable à la longue.

[Source : Audioblog]

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