Les micros…

Les deux grandes catégories des microphones de studio sont les suivantes :

  1. Les micros statiques
  2. Les micros dynamiques

95% des micros que vous utiliserez feront partie de l’une de ces catégories. Jusqu’ici, rien de bien compliqué.

Les micros dynamiques

SM57 & 58… 57 pour les guitares, 58 pour les voix…

Les micros dynamiques ou électrodynamiques sont très souvent utilisés en sonorisation de scène pour les voix et pour les instruments. Ce sont des des micros robustes qui tolèrent les chocs et les hauts niveaux sonores. Ils sont pratiques pour la prise à la main et il n’y a pas ou peu de bruit de manipulation.

Le micro dynamique n’est pas le plus fidèle des micros, un peu trop rond, ce type de son peut être recherché. Le micro dynamique n’est pas très coûteux comparé aux micros statiques.

Les plus utilisés : Shure SM57 et SM58, l’Electro-Voice RE20, Le Beyer Dynamic M88 ou bien les Sennheiser MD421 et MD441… Mais aussi SM7

Les micros statiques

Les micros statiques ou électrostatiques offrent des résultats plus fidèles à la réalité que des micros dynamiques. Ils sont plutôt utilisés dans les studios d’enregistrement. Ils procurent une grande sensibilité dans les aigus, mais également dans les basses.

Leur moins :  beaucoup plus coûteux , et fragiles, ils ne supportent pas les chocs. Ils devront être équipés de bonnettes anti-vent.
Le micro statique est très polyvalent et considéré comme un micro haut de gamme.

Les plus utilisés : Shure SM81, Akg 451, Sennheiser MKH40, Neumann KM184, Schoeps… Les plus populaires : Rode NT1

Trois liens :

Les micros à Electret

Le microphone à électret a un principe de fonctionnement identique à celui du microphone statique. Facilement miniaturisable, il est souvent utilisé dans le domaine audiovisuel (micro-cravate, micro-casque…) ou l’on apprécie pour son rapport taille/sensibilité. C’est un bon compromis entre le micro dynamique et statique, car il est moins couteux et plus sensible. Mais sa durée de vie est limitée à cause des capacités qui gèrent l’alimentation interne. De plus, les performances sont très variables en fonctions des modèles.

Quelques modèles : Sennheiser MKE2, ME102,104, Shure SM98, AKG408,409,614….

Éléments clés qui les distinguent

1. La réponse en fréquence

Pour le début, nous allons dire que :

Les micros statiques sont plus efficaces pour l’enregistrement d’instruments à fréquences hautes tels que :

  • la guitare acoustique
  • les cymbales
  • le piano

Les micros dynamiques, quant à eux, sont plus efficaces pour l’enregistrement d’instruments à fréquences basses tels que :

  • la batterie
  • les amplificateurs de guitare électrique

Et bien que, dans les faits, la réalité soit bien plus complexe, il s’agit d’une bonne base pour débuter.

2. La taille et le poids de la membrane

La raison pour laquelle les microphones statiques sont plus efficaces pour capter les fréquences hautes réside dans la conception de leur membrane, plus petite et plus légère, qui leur sert à capter le son.

Les fréquences hautes produisant MOINS d’énergie que les fréquences basses, elles ne disposent pas d’autant de force pour déplacer la masse.

C’est pour cela que les membranes plus lourdes des micros dynamiques sont bien moins sensibles à celles-ci.

3. Le circuit interne

L’avantage d’une membrane plus lourde est le suivant…

La masse plus importante génère assez de tension, par le biais du mouvement, pour éliminer le besoin d’une source d’énergie externe. On les connaît ainsi également sous le nom de micros «passifs».

Les micros statiques, en revanche, sont des micros «actifs» et requièrent une «alimentation fantôme» pour accroître leur faible tension.

Mais ne vous méprenez pas, cela ne traduit en aucun cas un quelconque désavantage.

Avec l’alimentation fantôme, les micros statiques peuvent atteindre un niveau de gain plus élevé et peuvent enregistrer des sons plus doux.

4. La résistance de la membrane

Malheureusement, les membranes plus légères des micros statiques sont également plus fragiles.

Exposées à des niveaux de pression acoustiques plus élevés, elles peuvent être endommagées.

C’est pour cette raison que la membrane plus résistante des microphones dynamiques est indiquée pour l’enregistrement d’instruments plus bruyants, tels que la batterie.

5. La résistance générale

Outre leur diaphragme plus résistant… la conception générale des micros dynamiques est également plus robuste.

Si vous faites tomber un micro dynamique par terre, il est fort probable qu’il survive. Faites tomber un micro statique et il ne s’en sortira sûrement pas indemne.

C’est l’une des raisons pour laquelle les micros dynamiques sont si bien adaptés à la scène.

6. La résistance à l’humidité

Une autre raison pour laquelle les micros dynamiques sont aussi adaptés à la scène est leur grande résistance aux altérations environnementales, telles que l’humidité.

Les micros statiques, en revanche, peuvent pâtir de problèmes d’efficacité si exposés à des changements brusques de niveaux d’humidité.

7. Le gain avant larsen

Une troisième raison qui fait des micros dynamiques les meilleurs alliés de la scène…

C’est leur habilité à offrir plus de gain avant larsen.

Dans un contexte de concert, ou spectacle, où de nombreux microphones enregistrent de nombreux sons et ce, proches les uns des autres, les retours sont un problème courant.

Mais puisque les micros dynamiques sont en règle général «moins sensibles» que les micros statiques, ils sont, par conséquent. également moins sensibles aux retours, et aux larsen.

8. Le prix

Quand on compare les meilleurs micros dynamiques aux meilleurs micros statiques…

  • Les micros dynamiques ne coûtent généralement pas plus de 400/500€ pièce. Par contre…
  • Le prix des micros statiques peut grimper jusqu’à parfois 5000 voir 10 000€ CHACUN.

Et bien que cela puisse en terrifier certains…

Nul besoin de s’alarmer, car de nombreuses alternatives bien plus abordables pour studios plus modestes existent. [from : ehomerecordingstudio.com]“

Trois termes récurrents : Cardioïdeomnidirectionnel, et figure en 8.

La directivité d’un microphone est l’espace tridimensionnel entourant sa capsule et où la sensibilité au son est la PLUS élevée.

Les trois directivités les plus communes sont :

  • omnidirectionnelle
  • figure en 8
  • cardioïde

Voici un schéma les illustrant :

Diagrammes polaires des microphones

  • Le micro 1 possède une directivité omnidirectionnelle – ce qui signifie que la zone rouge dans son intégralité présente une sensibilité égale.
  • Le micro 2 possède une directivité à figure en 8 – ce qui signifie que les deux zones bleues devant et derrière sont sensible aux sons alors que les côtés non.
  • Le micro 3 possède une directivité cardioïde – ce qui signifie que la zone verte devant le micro est la plus sensible, les côtés sont moins sensibles et l’arrière ne capte aucun son.

Outre ces trois directivités de base, vous rencontrerez également les déclinaisons suivantes :

  • Supercardioïde – similaire au diagramme polaire cardioïde, celui-ci est plus ETROIT et possède une petite zone de sensibilité à l’arrière.
  • Hypercardioïde – similaire à la directivité supercardioïde mais encore plus étroite et possédant une zone sensible à l’arrière plus grande.

Certains micros connus sous le nom de «micros à directivités multiples» vous permettent de sélectionner la directivité qui vous convient, selon vos besoins.

Comment fonctionnent les micros à directivités multiples

Au lieu de faire appel à un micro différent pour chaque tâche, les ingénieurs eurent la brillante idée d’ajouter à un seul et même micro une polyvalence encore jamais vue.

Ils découvrirent que, en variant simplement la sortie de deux capsules cardioïdes appairées, on pouvait reproduire presque n’importe quel type de directivité.

Par exemple :

  • En mélangeant les deux signaux cardioïdes, on obtient une directivité omnidirectionnelle.
  • En mélangeant les deux mais en inversant la polarité de l’un d’entre eux, on obtient une directivité à figure en 8.
  • En désactivant un des signaux et en n’utilisant que l’autre, on obtient une directivité cardioïde.

Quand utiliser un micro à directivité cardioïde ?

Les avantages des micros à directivité cardioïde paraissent évident, non ? Le micro capte le son où vous le dirigez et ignore tout le reste. Pour cette raison, c’est le choix évident si vous recherchez un micro vocal.

Il existe néanmoins des situations où ces micros se révèlent PARTICULIEREMENT utiles, mais pour lesquelles leur choix ne vous aurait pas sauté aux yeux.

  • Sonoriser une batterie – avec autant d’éléments si rapprochés les uns des autres, isoler chacun d’entre eux parait impossible. Pourtant c’est bien faisable si vous possédez les micros cardioïdes adéquats et placés aux endroits corrects.
  • Sonorisation de concerts – Sur scène, lorsque les sons vous parviennent de toutes les directions, les micros cardioïdes sont une excellente manière de maintenir une certaine isolation et d’empêcher les larsen.
  • Les pièces non traitées – dans les pièces n’ayant pas subi de traitement acoustique, placer des micros proches les uns des autres peut faire des merveilles pour réduire les réflexions sonores.

Admettons-le, les micros cardioïdes paraissent idéals pour la plupart des situations… Ils présentent pourtant bien certains inconvénients.

Parmi ceux-ci, voici les deux PRINCIPAUX :

  • Une coloration hors-axe – avec la plupart des micros cardioïdes, vous observerez une baisse de la sensibilité dans les fréquences hautes alors que le son s’éloigne de l’axe. Et cela peut représenter un problème avec, par exemple un chanteur peu expérimenté et ne prêtant pas attention aux mouvements de sa tête pendant l’enregistrement.
  • Un effet de proximité – phénomène propre aux micros cardioïdes, l’effet de proximité est incarné par une bosse dans les fréquences basses, conséquences d’un placement du micro trop rapproché de la source sonore. Prenons le même exemple de «chanteur inexpérimenté», et vous comprendrez en quoi cela pourra être problématique.

Les directivités supercardioïdes et hypercardioïdes, aussi indispensables soient-elles pour les metteurs en scène, ne sont généralement pas utilisées dans les studios d’enregistrement.

Quand faire appel aux micros omnidirectionnels ?

Parce qu’ils sont SI enclins à capter les sons hors-axe… Les micros omnidirectionnels constituent un choix beaucoup moins populaire qu’ils ne l’étaient avant l’invention des micros cardioïde.

Cela étant, ils n’en sont en aucun cas moins utiles. Par exemple…

Voici quelques situations où leur usage est préféré :

  • Lorsque vous enregistrez le son de la pièce – tels qu’avec les micros overhead de la batterie
  • Lorsque vous enregistrez une source sonore ample – tel qu’un orchestre, un chœur ou un piano à queue.
  • Lorsque vous enregistrez une cible mobile – tel qu’un joueur de guitare acoustique aussi vif aussi immobile qu’une pile électrique.
  • Lorsque vous enregistrez en stéréo – tel qu’avec la technique fréquente A/B

En comparaison aux micros cardioïdes, les micros omnidirectionnels offrent les avantages suivants :

  • Ils sont imperméables à l’effet de proximité
  • Ils produisent moins de bruit propre
  • Ils présentent une amplitude fréquentielle qui s’étend généralement une octave plus bas
  • Ils présentent moins de coloration hors-axe.

Ce dernier avantage est d’autant plus vrai avec les micros omnidirectionnels à petite membrane et c’est pour cette raison que la plupart des micros de mesures (tels que les micros Earthworks par exemple) sont des micros omnidirectionnels à petite membrane.

Quand faire appel aux micros à directivité à figure en 8 ?

L’exemple le plus courant est celui du duo de chanteurs se faisant face.

Et bien qu’un tel micro serait effectivement idéal pour cette situation bien particulière, force est de constater que vous n’aurez que très rarement affaire à elle, pour ne pas dire jamais.

Il est bien plus commun d’utiliser les micros à figure en 8 dans l’une des rois situations suivantes :

  1. Pour l’enregistrement stéréo
  2. Avec des micros à ruban
  3. Pour une isolation accrue des sons hors axe.

Pour ce qui est de l’enregistrement stéréo, les micros à directivité à figure en 8 sont nécessaires pour utiliser le système Blumlein ainsi que le système Mid/Side.

Avec les micros à ruban, le «maquillage physique» de leur conception requiert bien souvent une directivité figure en 8. Si vous appréciez les micros à ruban pour leur son, la directivité figure en 8 est «livrée avec».

Pour isoler les instruments lorsqu’ils sont rapprochés les uns des autres, les micros figure en 8 sont idéals car ils rejettent discriminent les sons provenant des côtés.

Avec un placement judicieux, vous pourrez obtenir une isolation plus efficace avec un micro à directivité figure en 8 qu’avec tout autre directivité. L’une des astuces consiste à placer un absorbeur acoustique à l’arrière du micro, dans le but de bloquer tous bruits indésirables.

Voilà…

Maintenant que vous connaissez l’essentiel concernant les directivités des microphones, il est temps de mettre vos connaissances en pratique,

Car bien que tous ces éléments puissent sembler simples en théorie, la seule manière  de vous familiariser avec les directivités est de les expérimenter par vous-mêmes.

Prenez le temps d’enregistrer différents instruments, avec différentes directivités, dans différentes pièces… puis écoutez et repérez ce qui distingues tous les résultats finaux.

A la fin, vous sentirez ce qui fonctionne, et ce qui ne fonctionne pas.

Merci à projethomestudio.fr & ehomerecordingstudio.com

[Technique du son…]