Morgan Briant, un luthier d’exception

On ne connaît jamais assez son environnement. Tenez… On achète une guitare, on va à Pigalle acheter une belle américaine, une Gibson même, si on a les moyens. On la paye très cher, mais on est content : on a une guitare de qualité, avec des bois rares qui font sonner terrible. Et puis finalement, on se rend compte que ce prix exorbitant ne garantit finalement pas la qualité, que la finition n’y est pas, et que somme toute on a payé, très cher, la marque, et on se sent floué, même si quand même ça sonne.

Il se trouve que les guitares, j’adore ça. À quatre, six, douze cordes, j’en ai acheté plein, qui avaient toutes quelque chose de particulier, et pas forcément des grandes marques.

Forcément, il y a parfois des réglages à faire, et même quand on a l’habitude d’en faire certains, d’autres dépassent notre savoir-faire, et on doit aller chez le luthier. Le luthier, c’est celui qui connaît tout de vos guitares, qui peut les mettre en pièces et les remonter, et ça sonne encore mieux. J’en connaissais pas mal, mais douché par le vol d’un micro irremplaçable chez un “grand luthier parisien”, je n’y allais plus souvent.

Et puis un jour, on me dit qu’à Gennevilliers, derrière le cinéma Jean Vigo, il y a un luthier. Ça tombe bien, car si depuis deux-trois ans, on ne me voit plus ravager les amplis à grands coups de blues, c’est que j’ai chopé un gros problème de main gauche qui ne me laisse plus jouer, et je me dis que faire régler ma basse par un luthier pour me rendre le jeu possible serait une bonne chose. Le gars s’appelle Morgan Briant. J’y vais.

Le magasin ne paye pas de mine, mais le gars est très sympa, et en discutant, je vois que ce n’est pas un besogneux, et qu’il en connaît un rayon. Pour tout dire, je fréquentais de temps en temps, il y a perpète, l’atelier des Favino, grand nom de la lutherie guitare, et j’y trouvais la même ambiance de savoir et de culture.

Je lui dis ce que je veux, il me parle de cordes nylon, voilà… Je repasse le lendemain, je récupère ma basse… Et c’est un avion. Un toucher d’une douceur extrême, un son impressionnant, feutré et sensuel. Je craque, c’est un rêve. Dorénavant, mes guitares iront chez lui. À Gennevilliers, rendez vous compte?!…

Il m’avait dit qu’en plus des réparations, il fabriquait ses propres guitares. J’ai donc eu l’idée de passer sur sa page Facebook. Il fait des grattes de OUF!

Son truc, c’est le jazz, je le savais. Mais sur son site on voit des Jaguar like à faire pleurer Monsieur Fender, et des dreadnoughts à faire crever Monsieur Gibson de rage. Ses guitares sont d’une beauté à couper le souffle. Il y a même une arch top qui m’a mis les larmes aux yeux.

Il fallait que ça se sache, alors je vous en parle. Je vous mets quelques photos, mais allez sur son site, c’est un petit paradis.

Le gars s’appelle Morgan Briant.  Briant, c’est terriblement mieux que Gibson pour un coût qui n’a rien à voir. Au Japon, Morgan Briant serait un Trésor National.

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