Tom Petty

Before all of this ever went down
In another place, another town,
You were just a face in the crowd
Out in the street, walking around
A face in the crowd

C’est étrange, la vie. C’est Pascal Borne, des Kingsnakes, qui me l’avait fait connaître. Pascal chantait très bien ce genre de rock que j’aime, mélodique et acide, apparemment simple mais qui te va droit au coeur. Il m’avait dit : “C’est facile de chanter comme ça. Il suffit que tu écoutes Tom Petty, et à un moment, tu comprends le secret.” Le secret du chant de Tom, je ne l’ai jamais trouvé, mais il m’a donné un étalon pour reconnaître quand une chanson est bonne.

Le premier titre, pas de hasard, qui m’ait alpagué, c’est Deliver me…

I was born with something down inside of me
And it’s carried me over, delivered me

L’album, Long after dark,  est devenu un disque de chevet qui m’accompagne encore. Pascal, merveilleux chanteur, merveilleux guitariste, merveilleux bonhomme, a disparu, lui, comme on a retrouvé son idole ce matin. C’est comme ça qu’elle est étrange, parfois, la vie…

Des albums de Tom Petty, j’en ai ensuite vu arriver comme de douces déflagrations. Avec Full moon fever, collectionnant des chansons ciselées et sensibles, rock but touchy, Tom Petty est définitivement entré dans mon Panthéon. Grâce, classe, distinction, humour, je dois avouer que je suis tombé raide dingue de ce compositeur malicieux et si terriblement proche.

Je l’ai ensuite retrouvé par hasard, je ne lis pas les gazettes, dans les travelling Wilburys, acoquiné avec la crème des songwriters : Harrison, Dylan, Orbison, Lyne… Ok, je prends…

Aux dernières nouvelles, ce lutin blond avait réussi à remonter et à faire sérieusement tourner Mudcrush, son premier groupe d’avant les Heartbreakers. ” La beauté de tout cela, c’est qu’il veut simplement reprendre contact avec ses vieux amis, pas pour de l’argent, mais simplement pour avoir le bonheur de rejouer ses débuts. C’est devenu très spirituel. C’est assez louable qu’il ait fait quelque chose d’aussi généreux. “, en a dit Mike Campbell, guitariste qui l’a suivi de Mudcrutch aux Heartbreakers .

Je crois que c’est que qui m’a le plus touché, chez lui. Le sens de l’humain, cette sensibilité. D’ailleurs, voici ce qu’il disait lorsque Howie Epstein, le bassiste des Heartbreakers, tombé dans l’héroïne, en est mort :

C’est comme si vous aviez un arbre en train de mourir au fond de votre jardin. Et vous êtes en quelque sorte habitué à l’idée qu’il meure. Mais un jour, vous regardez par la fenêtre et l’arbre a été coupé. Et vous ne pouvez même pas envisager que ce bel arbre ne soit plus là. “

C’est pour ce genre de feeling que j’ai adoré Tom Petty, qui a donc été déraciné ce matin. Je crois que je vais avoir du mal à me faire à l’idée que le plus beau des arbres de ma forêt ne soit plus là.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.