Une rapide histoire des musiques actuelles – Blues

Le Blues est un genre musical, vocal et instrumental dérivé des chansons de travail, réunissant les cultures populaires fondatrice : irlandaise, amérindienne, africaine. Originaire du sud des États Unis pendant la ségrégation, il est remonté vers le Nord après la guerre de sécession, suivant les populations qui y cherchaient du travail.

Le nom Blues a deux origines : Blue devils, qui veut dire « idées noires », et de l’ancien français blue, de bluette, qui signifie « histoire personnelle ».

Les plus anciennes formes de blues proviennent du Sud des États-Unis, à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle. Ces formes étaient le plus souvent orales, accompagnées parfois par un rythme donné par des instruments rudimentaires.

Il y eut des formes de blues avec des instruments rudimentaires, tels le diddley bow, – une corde fixée sur une planche -, le jug, – un cruchon en terre dans lequel on soufflait -, le washboard, – une planche à laver sur laquelle on jouait des percussions-, etc.

Puis le blues a évolué avec des instruments simples, tels que la guitare acoustique, le piano et l’harmonica.

C’est principalement dans les champs de coton de la région dite du Delta, région entre le fleuve et son affluent la rivière Yazoo qui va de Vicksburg au sud à Senatobia et Clarksdale, au nord, que ces formes vont évoluer.

La légende raconte que l’un des guitaristes bluesmenRobert Johnson, aurait signé un pacte avec le diable qui lui aurait permis de devenir un virtuose du blues. Le blues était alors dit gouverné par des blue devils et devait être fuit et rejeté car maléfique. Robert Johnson ne serait pas le premier à propos de qui cette histoire a été racontée.

W. C. Handy fut l’un des premiers musiciens à reprendre des airs de blues, à les arranger et les faire interpréter par des chanteurs avec orchestres. Il fut également l’auteur de morceaux parmi les plus célèbres, tel le fameux Saint Louis Blues.

Style

Le Blues est une musique apportant un cadre très codifié, support à une expression libre très ouverte. Il a fini par se stabiliser sur une grille de douze mesures. Cette grille peut être majeure ou mineure.

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Le blues primitif est la plupart du temps joué sur la pentatonique, majeure ou mineure, à laquelle on ajoute les blue notes : III°m & M, VII°systématiquement mineure, IV° augmentée.

Du point de vue des textes, les premiers blues consistaient souvent à répéter un même vers quatre fois ou plus. Au début du xxe siècle, la structure s’est standardisée sous sa forme la plus commune : “E/A/B” (Mi/La/Si). Dans cette structure, un vers est chanté sur les quatre premières mesures “E”(Mi), puis répété sur les quatre suivantes “A”(La), enfin, un second vers est chanté sur les quatre dernières mesures “B”(Si), comme dans l’exemple suivant : « Woke up this morning with the Blues down in my soul / Woke up this morning with the Blues down in my soul / My baby gone and left me, got a heart as black as coal ».

1920 – 1930

Les années 1920 et 1930 virent l’apparition de l’industrie du disque, et donc l’accroissement de la popularité de chanteurs et guitaristes tels que Blind Lemon Jefferson et Blind Blake qui enregistrèrent chez Paramount Records, ou Lonnie Johnson chez Okeh Records.

Le premier disque blues afro-américain à être commercialisé fut celui d’une femme, Mamie Smith, en 1920. Mais les années 1920 connurent également d’autres chanteuses de classic blues extrêmement populaires, telles que Gertrude « Ma » Rainey, Bessie Smith, Ida Cox et Victoria Spivey. La plupart des enregistrements de l’époque furent connus sous le terme de race records qui étaient destinés exclusivement au public afro-américain. Ce qui n’empêcha pas les jeunes blancs de s’y intéresser rapidement.

Migration

Muddy Waters

Après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), la recherche de travail conduisit la population afro-américaine à remonter vers le nord, vers Chicago et Detroit. L’urbanisation croissante et l’utilisation des amplificateurs pour la guitare et l’harmonica menèrent à un blues plus électrique tel que le Chicago blues, avec des artistes comme Howlin’ Wolf et Muddy Waters. C’est ce blues électrique qui influencera, plus tard, une partie du rock ‘n’ roll. On le catégorisera sous le label Rythm’n’blues.

Le blues urbain se développera dans le cabaret et les cafés bruyants, Juke joints, où l’on rencontrera une clientèle de plus en plus nombreuse.

Le nouveau style de blues « électrique » utilisait la voix, la guitare électrique, la basse électrique, la batterie et l’harmonica amplifié avec un micro et une amplification. J.T. Brown, qui jouait avec les groupes d’Elmore James et J.B. Lenoir a également utilisé le saxophone, mais plutôt comme instrument d’accompagnement qu’instrument soliste.

Le style de blues urbain de Chicago, ou Chicago blues, est la continuité du blues du Mississippi d’où étaient venus des musiciens comme Howlin’ Wolf, Muddy Waters, Willie Dixon, et Jimmy Reed.

Sonny Boy & Howlin’ Wolf

Les harmonicistes comme Little Walter et Sonny Boy Williamson II (Rice Miller), originaires du Sud, étaient les plus connus dans les clubs de blues de Chicago et exerçaient leur influence.

D’autres joueurs d’harmonica, comme Big Walter Horton, Snooky Pryor et John Lee Sonny Boy Williamson I, avaient aussi beaucoup d’influence.

Muddy Waters, Elmore James et Homesick James jouaient de la guitare électrique avec un « slide » ou « bottle neck », bout de métal ou un goulot de bouteille qu’on fait glisser sur les cordessur les cordes.

B. B. King et Freddie King de leur côté, inaugurèrent l’usage de la guitare comme instrument solo.

Les chanteurs Howlin’ Wolf et Muddy Waters marquèrent le Chicago blues de leurs voix rauques et fortes.

Willie Dixon

Enfin, le contrebassiste, compositeur prolifique, et découvreur de talents Willie Dixon eu un grand impact sur le Chicago blues. Des chansons comme Hoochie Coochie ManI Just Want to Make Love to You (écrites toutes deux pour Muddy Waters), Wang Dang Doodle (écrite pour Koko Taylor), ou Back Door Man (écrite pour Howlin’ Wolf) sont devenus des « standards » de blues.

Nombres d’artistes de Blues enregistrèrent leurs disques sur les labels de Chicago Chess RecordsChecker Records, ou d’autres labels locaux tels Vee Jay et Cobra Records.

Ce style de blues urbain du Chicago des années 1950 eu finalement un grand impact sur la musique plus populaire de musiciens comme Bo Diddley ou Chuck Berry, – dont le style s’éloigna de la mélancolie du blues du Sud et s’apparenta au Rock’n’roll -, aussi bien que sur d’autres styles comme celui de la Louisiane nommé zydeco, représenté entre autres par Clifton Chenier et bien d’autres encore.

Du côté des musiciens noirs américains, le style ”West Side Blues” naît à Chicago au milieu des années 1960 par des artistes comme Buddy Guy, Junior Wells, Magic Sam, Magic Slim, Earl Hooker, Otis RushFreddie KingLuther Allison, etc., caractérisé par des guitares électriques suramplifiées et des soli particulièrement expressifs.

Styles

Sur la côte Ouest, des musiciens comme T-Bone Walker (originaire de Dallas) créent le West coast blues en Californie, style qui dérive du Texas Blues (dont un éminent representant est Lightnin’ Hopkins), plus policé et plus sophistiqué que le Chicago blues, dont Charles Brown et les Johnny Moore’s Three Blazers sont le combo qui illustre le mieux cette tendance au milieu des années 1940.

John Lee Hooker

Les styles d’artistes comme John Lee Hooker, interprétés seuls ou avec de plus petites formations que le style de Chicago blues, donnent naissance, à la fin des années 1950, au style Guitar boogie.

Le jump blues est un autre développement du blues de cette période qui a influencé la musique populaire. Le jump blues était un hybride populaire du swing et du blues, mettant en vedette des chansons up-tempo orchestrées pour des big bands. Le musicien de ce genre qui a le plus influencé la musique populaire est Big Joe Turner, qui a enregistré la version originale de Shake, Rattle, and Roll. Il y eut aussi à Tiny Grimes, Ruth Brown, et LaVern Baker (Tweedle Dee).

Autre style, le swamp blues se développe en Louisiane, dans les années 1950, autour de Bâton-Rouge avec des artistes comme Lightnin’ Slim, Slim Harpo, Lazy Lester, Sam Myers et Jerry McCain. Influencé par le style de Jimmy Reed. Le swamp blues est plus lent, avec un style d’harmonica moins complexe que dans le Chicago Blues. Les chansons du style les plus connues sont Scratch my BackShe’s Tough et King Bee.